Italie : l’interdiction des publicités sur les paris peut-elle nuire au football?

L’Italie est désormais contre les publicités sur les paris. La décision a été prise en août 2018, par la coalition gouvernementale. Cette dernière est composée du Mouvement cinq étoiles et la Ligue du Nord et la décision entrera en vigueur à partir de juillet prochain. Cette interdiction publicitaire commence à inquiéter un bon nombre de clubs transalpins. Pour plusieurs observateurs, il s’agit d’un changement qui ne sera pas sans incidence. Déjà en mars 2018, la Botte en a fait les frais. Plus loin, tout cela pourrait vraiment agir sur la compétitivité des clubs de football en Italie.

Qu’en est-il vraiment ?

Pour comprendre l’état des lieux, il convient de s’intéresser aux faits qui ont conduit à une telle décision. Pourquoi le gouvernement italien a-t-il pris une mesure pareille ? Le décret-loi-dignité a pour but de punir les entreprises qui outrepassent la flexibilité du marché afin de rendre précaire les situations des travailleurs transalpins. D’un point de vue global, il n’y a rien à craindre en ce qui concerne le football italien. Cependant, la disposition légale comporte une interdiction relative à la publicité relative aux jeux de hasard. Cela a  été prévu pour le mois de janvier 2019, mais elle ne sera rendu effective qu’en juillet.

Ce nouveau dispositif menace à coup sûr la tranquillité des clubs de Série A et B. En effet, une importante partie profite des sponsorings des entreprises de paris sportifs dont ils font la publicité. Les messages publicitaires sont pour la plupart disponibles sur les maillots. Mais en football comme un peu partout ailleurs, l’argent est au cœur de tout. La Lega Série A en est parfaitement consciente. A en croire les informations rendues publiques par l’European Gaming and Betting Association, les compagnies de paris investissent en moyenne 120 millions d’euros pour sponsoriser le sport italien. Une part conséquente de cet argent étant bien sûr investie dans le football.

Les clubs de série A verrouillés

En ce qui concerne les clubs de série A, ils n’ont plus la possibilité de passer des accords avec les opérateurs en ce qui concerne les paris en ligne. L’accord de naming conclu par Trenitalia n’est pas la première disposition que prend l’exécutif en Italie et qui n’est pas de nature à favoriser les profits du football professionnel transalpin. Au début du mois de juillet, sur disposition de Luigi Di Maio, le Vice Président du Conseil des Ministres, le gouvernement a pris un décret. Ce dernier interdit d’ailleurs toute forme de publicité faite par les compagnies de paris en ligne. Cela s’applique aussi aux contrats relatifs au sponsoring.

En considérant tous les éléments inclus dans le décret publié, toute organisation qui va à l’encontre s’expose à une amende oscillant autour de 50.000 euros. L’amende pourrait d’ailleurs être appliquée à chaque fois qu’une violation est faite, ce qui peut facilement dissuader tout club qui voudrait aller contre cette mesure. Les dirigeants de Série A n’ont pas manqué de dire leur mécontentement face à cette situation. Le gouvernement a alors pris la décision de remodeler l’interdiction. Les clubs qui avaient conclu des accords avant l’entrée en vigueur du décret pourront l’exécuter jusqu’à terme.

Plus loin, ce nouveau gouvernement d’Italie fait la promesse de mettre en exécution son pouvoir de lobbying parmi les institutions européennes pour que la même loi soit adoptée dans l’ensemble des autres pays de l’Union Européenne. Tout cela ne risque t-il pas de compromettre l’avenir du football ? Voilà la question que se posent les différents acteurs du domaine. Seul le temps pourra apporter une réponse claire à cette interrogation.